Le Bore-out

Ennui au travail, consulting, accompagnement pschologique, thérapie, accompagnement personnel, I.Consult’in, 06 Menton, Alpes Maritimes

Qu’est-ce que le Bore-out ?

Alors que le Burn-out correspond à un épuisement professionnel dû à une surcharge récurrente de travail, le Bore-out découle de l’extrême inverse.

La notion de «Bore-out» est récente, puisqu’elle a été décrite pour la première fois par les consultants Peter Werder et Philippe Rothlin en Suisse dans le livre «Diagnosis Boreout», en 2007. Le terme anglais «Bore-out» se traduit par «ennui à mourir».

bore-out 02

Le Bore-out est tout aussi destructeur que le Burn-out. Ce processus sape nos ressources psychiques, car l’absence de stimulation et de but à atteindre au travail est très dévalorisante.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, rares sont celles ou ceux qui s’accommodent de l’ennui au travail. 90 % des personnes victimes du Bore-out subissent la frustration de ne pouvoir mettre en oeuvre leurs compétences ni contribuer au développement de l’organisiation qui les emploie, ce qui finit par les rendre malades.

Dans une société qui sur valorise l’hyperactivité et la performance, être rémunéré tout en étant inactif à son poste est fortement stigmatisé, surtout dans un contexte de chomâge élevé.

Le Bore-out est une souffrance taboue et vécue en silence par celles et ceux qui sont concerné(e)s, les enfermant dans des stratégies de camouflage, telles que l’étirement des activités sur une durée beaucoup plus longue que nécessaire, le présentéisme pour donner l’impression d’être au contraire surchargé de travail, la navigation sur Internet pour passer le temps… 30 % des actifs sont touchés par le Bore-out (12,6 % pour le Burn-out).

Quelles sont les personnes exposées au Bore-out ?

– les fonctionnaires (en surnombre dans de nombreuses collectivités territoriales)
– les personnes «mises au placard» (volontairement, ou suite à des restructurations ou des postes devenus inutiles mais conservés)
– les hauts-cadres (exerçant des professions que les entreprises n’ont pas su adapter aux changements technologiques)
– les jeunes diplômés(devant souvent accepter des postes en-dessous de leurs qualifications)
– les employés à qui ne sont confiées que les tâches de moindre intérêt (la hiérarchie immédiate s’accaparant les responsabilités les plus motivantes) ou à qui aucun but n’est réellement fixé

C’est le sentiment d’être inutile et de ne pas pouvoir donner un sens à son quotidien professionnel qui crée l’usure progressive.

ennnui au travail

Quels sont les symptômes du Bore-out ?

– l’insatisfaction chronique, génératrice d’ennui et anxiété
– la dépréciation de soi inhérente au sentiment de culpabilité de ne pas mériter son salaire, la honte d’en parler (comment oser se plaindre d’être payé à ne rien faire ?) et de devoir cacher son inactivité par crainte d’être jugé paresseux
– les troubles du sommeil, les maux de tête, d’estomac, de dos, la sensation d’oppression
– les comportements de compensation tels que le grignotage, l’augmentation de la consommation de cigarettes, voire l’alcoolémie
– la désaccoutumance au travail et la perte de confiance en ses capacités
– la passivité : la personne minimise son état qu’elle estime injustifié, et n’a donc pas le réflexe de demander de l’aide, de chercher des solutions ou un autre emploi.

À la longue, la personne s’épuise car son système de défense finit par être dépassé.

La phase ultime du processus de Bore-out est la dépression, et dans les cas les plus graves, le suicide.

L’impact négatif est conséquent pour l’entreprise aussi, car l’improductivité pèse lourd financièrement, engendre un taux élevé de congés maladie et une démotivation qui rejaillit à tous les niveaux de l’organisation.

Comment se sortir du Bore-out ?

La meilleure façon de se sortir de cette impasse est de refuser de rester englué dans le manque de réalisation de soi. Il est indispensable de mener une réflexion globale sur son rapport au travail pour rebondir.

Voici quelques pistes qui peuvent vous aider :

La première étape consiste à prendre du recul et se demander ce qui, dans notre histoire personnelle, nous a conduit dans cette situation, ou accepter de la subir. Pour se réconcilier avec soi-même, il convient aussi de s’interroger sur les leçons à tirer de cette expérience.

Même si le besoin de sécurité est légitime, la dépréciation de soi et la dépression ne sont-elles pas un prix trop fort à payer ? Oser quelques changements a le mérite de se remettre dans une dynamique, de reprendre le contrôle de sa vie …

L’étape suivante nécessite de répondre à ces questions de fond pour adopter une relation plus saine avec le travail :

– Suis-je à ma place dans cette structure ? Dans ces fonctions ?
– Quelles sont mes réelles aspirations professionnelles ?
– Comment puis-je remédier à ma situation ? Qui peut m’aider ? Des collègues ? Ma hiérarchie ?
– Qu’est-ce que je satisfais en moi en restant ?
– Qu’est-ce que je satisferais en moi si je partais ? Que puis-je me fixer comme objectif réalisable ?
– Quels sont mes freins au changement ? Quelles sont mes ressources personnelles ?

Pour s’épanouir au travail, se donner des perspectives d’évolution de carrière, il faut toujours refuser de subir l’ennui professionnel et ne pas rester seul(e) face au problème.

Se reconstruire suite à un Bore-out passe souvent par une aide médicale (médecine du travail et/ou médecin référent) et psychologique, et une réflexion globale sur le sens que l’on souhaite donner à son existence, en apprenant à mieux respecter son «écologie personnelle», et pas seulement au travail.

Si ces quelques pistes ne sont pas suffisantes pour votre situation particulière, si vous vous sentez dépassé(e) par les obstacles, votre accompagnement par un professionnel de la Relation d’Aide peut s’avérer nécessaire.
Consultez-nous !

Isabelle RABY

Pour approfondir :

Diagnosis Boreout – Peter Werder et Philippe Rothlin, 2007.
– Le Bore-out syndrom : Quand l’ennui au travail rend fou – Christian Bourion, 2016
– Le Bore-out : Quand l’ennui au travail rend malade – François Bauman, 2016

Photos : Fotolia.
© Isabelle Raby. Toute reproduction totale ou partielle sans autorisation écrite est interdite.